Tomes de Uragiri

Tome 1

Enfin un shôjo fantastique digne de ce nom ! Le bonheur de retrouver le graphisme magnifique et inégalable du shôjo, avec beaucoup de traits et des dessins tranchants conjugués à une mise en page esthétiquement recherchée, est tout simplement immense !! Surtout quand c'est pour lire une histoire fantastique, voire sombre, où l'action a la part belle et bénéficie d'une mise en scène claire et d'un rythme trépidant et maîtrisé. Pas d'histoire d'amour pour gâcher le scénario : les personnages presque sont tous masculins, de beaux bishônen entre lesquels il n'est pas interdit d'imaginer des choses ; si fille il y a, elle n'est qu'un protagoniste comme un autre qui n'a rien à envier à ses homologues mâles. L'histoire est mystérieuse, présente des protagonistes fascinants et séduisants, le rythme est excellent, que demander de plus, il n'y a rien dont on puisse se plaindre. Dans un marché où « shôjo » de plus en plus souvent avec « guimauve » au détriment des excellents titres d'autrefois, ce manga est une perle comme on désespérait d'en voir arriver !

Tome 2

Alors que le premier tome plantait le décor via une intrigue dense et passionnante, celui-ci offre plutôt une phase de repos, une baisse de tension qui permet de souffler. Aussi, après quelques passages d’action (où l’on savoure toujours la beauté des scènes d’action, clairement mises en scènes et bénéficiant d’une mise en page très soignée), on se penchera surtout sur la vie quotidienne de notre héros au sein de son nouveau foyer. Il y a donc moins de suspens et d’action que dans le premier tome, mais en contrepartie on apprend à mieux connaître les personnages et l’on découvre même des bribes du passés de quelques-uns, même s’il paraît évident que bien d’autres voiles restent à lever. La fin du tome laisse présager une suite des plus passionnantes ! Au niveau du dessin, je continue de le trouver superbe : fin, tranchant, détaillé, c’est exactement ce qu’il faut, visuellement c’est un régal. Il y a aussi de l’humour, mais qui n’est jamais lourd ni envahissant ; il contribue donc à rendre le manga encore plus sympathique. J’ai hâte de découvrir la suite de cette super série ! 

Tome 3

C'est définitivement le prototype du manga idéal à mes yeux. Un graphisme superbe particulièrement détaillé et tranchant, une mise en page esthétiquement recherchée avec cases imbriquées, une enquête, de l'action, du sang, et une narration hors-cases pour mettre en valeur les sentiments des personnages par des phrases-choc qui frappent le lecteur directement au cœur et de très beaux dégradés de gris. Il y a aussi du mystère, on sait que les personnages n'ont pas encore révélé tous leurs secrets et on halète face aux rares révélations que l'auteur laisser brièvement percevoir. L'histoire est déjà passionnante, quand ces révélations deviendront effectives elle devrait devenir apocalyptique ! Ce manga est une révélation pour moi, je pensais que de tels shôjo avaient cessé d'être traduits, heureusement je me trompais, pour mon plus grand bonheur !

Tome 4

Avec un style toujours aussi superbe (mise en page, mise en scène, dessin, narration), Uragiri est un régal pour les yeux et la lecture. Ce tome contient la fin de l'histoire entamée dans le troisième, autant dire qu'elle fait la part belle à l'action : du combat, des créatures surnaturelles, du sang et une révélation qui tue : la vraie identité de Keiga ! Bon, cretes, ce n'est pas si original que ça, la ficelle est déjà tellement utilisée... N'empêche, ça marche et ça pimente efficacement l'histoire. Plus calme, la seconde moitié voit Yûki rencontrer les grands pontes de son camp. Là aussi, on reste dans du classique dans l'ensemble, mais c'est admirablement raconté et de nouvelles surprises nous attendent. Tout du long, le mystère autour de la vie précédente de Yûki et (notamment ce qu'elle a pu vivre alors avec Luka) reste maintenant, bien que des indices croustillants nous soient disséminés. Un très bon volume pour une très bonne série ! 

Tome 5

L'introduction d'Uragiri s'est faite dans l'action ; l'heure est maintenant aux éclaircissements. L'action est donc moins présente dans ce tome, mais la lecture n'en reste pas moins prenante grâce aux révélations qui sont faites. L'orientation générale du récit a gagné en clarté et Takashirô Giô se dévoile davantage, s'approfondissant et gagnant en mystère. Le style est quant à lui toujours aussi extraordinaire et chaque planche est un régal pour les yeux ; les bishônen nous éblouissent tandis que l'excellente gestion des ombres, des gros plans, des négatifs et des "poses classes". Le sang, quand il y en a, s'avère lui aussi décoratif, rehaussant la cruauté de certains faits évoqués et assombrissant l’univers. Quant à la narration à la première personne, qui intervient régulièrement hors-bulles, donne à la fois aux planches cette beauté caractéristique des shôjo, et parvient à toucher le lecteur par la focalisation interne qui permet de comprendre et ressentir les émotions des personnages. Un tome de bonne qualité donc, qui malgré l’absence de véritable action parvient néanmoins à conserver une impression de dureté et de suspens grâce à sa narration, à sa composition graphique et au côté tragique de certains faits évoqués.

Tome 6

Séparés, les personnages continuent à vivre chacun de leur côté. Ainsi, ce tome renoue avec une intrigue complexe présentant plusieurs intrigues simultanées : entre le passé de Kuroto et l'histoire de son grand-père, la rencontre de Luka avec une ancienne connaissance Duras et le désir de vengeance d'une protagoniste incapable de supporter l'acquittement de l'assassin de sa soeur, on ne sait plus où donner de la tête.
Uragiri, certes, n'est pas simple à suivre, et exige une lecture attentive ; c'est en bonne partie ce qui rend cette série si passionnante puisqu'il n'y a guère le temps de souffler entre les diverses actions se déroulant en un lieu ou un autre, voire une époque ou une autre, chaque transition générant un effet de suspens appréciable.
Alors que le tome précédent était très axé sur les explications et éclaircissements, celui-ci poursuit sur la voie empruntée mais replace également davantage d'action. Armes, magies, intimidations : les personnages n'hésitent jamais à s'affronter et se révèlent prompts à sortir le glaive. 
Bien que le fil rouge principal de la série n'avance pas énormément, ce tome se révèle néanmoins particulièrement dense au niveau de ses événements, à cause de ses nombreux personnages dont les caractères, relations et passés sont des plus soignés, et de sa tendance à diviser l'histoire en fourchettes simultanées.

Tome 7

Voici la fin de la partie qui s’était ouverte sur la visite de Yûki à Kuroto. Comme on s’y attendait, d’une part parce qu’on le pressentait nettement au vu des événements du tome précédent, d’autre part car jusqu’à présent tous les arcs se sont achevés en apothéose, il s’agit une nouvelle fois d’un final qui déménage. La majeure partie du tome fait la part belle aux combats, présentant Luka aux prises avec un Opast tandis que Senshirô fait face à son vieil ennemi. L’occasion de redécouvrir certains personnages par leurs passés ou leurs intentions. Comme d’habitude, le style rend la lecture envoûtante. À chaque fois, l’intensité est de mise avec une grande efficacité et la lecture se révèle bouleversante.De nouveaux beaux gosses apparaissent : à ceux qu’on connaît s’ajoutent sans cesse de nouveaux personnages rivalisant de charisme et de prestance. Certains approfondissent les relations ou les familles de certains autres. Les amatrices de shônen-ai se régaleront aussi avec des liens resserrés entre les protagonistes et des répliques qui font mouche. 

Tome 8

Un arc final avec action apocalyptique ayant eu lieu dans le tome précédent, on s'attendait logiquement à un tome plus calme. Malgré tout, quel ennui ! Le manque d'action ne convient pas à cette série et malgré l'humour et le trait toujours aussi splendide, les pages se traînent... Les Zweilt magnifient leur amour pour Yûki et pansent leurs blessures passées ; Dans les deux cas, on commence à le savoir. Deux nouveaux Zweilt font également leur apparition ; conformément au reste de la série qui est très classique, ils ne font preuve d'aucune originalité dans leurs personnalités ou réactions. On se réjouit néanmoins de les voir en action car ils auront sûrement la classe, mais ce n'est pas encore pour ce tome-ci. 

Tome 9

 

Après un huitième tome particulièrement mou du genou, c'est à nouveau un tome sans action qui nous est offert, ce qui a de quoi frustrer les amatrices de combats sanglants. Néanmoins, le style reste excellent, avec un graphisme splendide et très classe et une mise en page à la hauteur, où les compositions des planches rivalisent d'esthétisme. Qui plus est, ces "vacances" prises par les Zweilt réservent quand même quelques passages permettant de mieux connaître les personnages et d'approfondir leurs sentiments ou émotions. De plus, l'humour est assez efficace, et même si on s'ennuie quelque peu à la lecture de ces passages axés "vie quotidienne", le sourire qui nous vient régulièrement aux lèvres permet malgré tout de ne pas trop voir le temps passer Surtout, en arrivant vers la fin du tome, on comprend d'une part, que l'action devrait faire son grand retour dans le volume suivant (la dernière planche fait de sacrées promesses !) et d'autre part, que ce temps ensemble consacrée à l'équipe intégrale des Zweilt était sans doute indispensable pour forger des souvenirs et rendre d'autant plus touchant et/ou tragique (?) ce qui devrait s'ensuivre. Par conséquent, même si la série demeure en-dessous de son niveau habituel, on referme le manga avec beaucoup d'excitation à la perspective de découvrir la suite.

Tome 10

Uragiri manga volume 10 simple 73537


Après deux tomes assez mous du genou consacrés à la vie quotidienne des héros, on attendait impatiemment que l'action refasse son apparition dans cette série et que cette dernière retrouve tout son sel et l'immense qualité des premiers volumes. Alors est-ce le cas ? Eh bien, oui et non !
C'est indéniable, c'est le début d'un nouvel arc. Néanmoins, c'est une très longue introduction qui lui est consacrée, ce qui n'est pas forcément un défaut puisque ça montre une mise en place soignée, néanmoins après deux volumes entièrement dépourvus d'action, forcément on en attendait au moins un petit combat sanglant, mais ce n'est pas encore le cas. Il y a bien des blessures et du danger, mais l'action est ellipsée, donc on reste sur notre faim.
À défaut d'action pure, nous avons cependant droit à une bonne dose de suspens. Le côté "enquête" apporté par les meurtres, puis par la disparition de deux protagonistes intrigue et la curiosité nous pousse à voler de page en page, tandis que le flash-back qui nous permet de découvrir ce qui est arrivé de leur côté contient tout autant de tension.
Une lecture donc très prenante, mais il faut admettre que la gestion rythmique est assez maladroite. Cette introduction traîne un peu trop en longueur et surtout il y a encore beaucoup trop de mystères et de sous-entendus à ce stade de la série. La mangaka continue d'en rajouter alors que d'après ses wilds talks, elle serait en train d'attaquer la dernière partie et donc que la conclusion semble très proche. Après tout ce temps perdu en scènes de vie quotidienne, on n'avait pourtant pas l'impression d'approcher d'une fin alors il est à craindre que, au final, la vision d'ensemble de toute la série ne dévoile un déséquilibre profond au niveau de la cohésion du récit.
Quoiqu'il en soit, malgré quelques défauts, ce volume reste en lui-même très agréable à lire. L'intensité fait mouche et les répliques des personnages, l'intensité de leurs sentiments, l'expressivité avec laquelle ils sont transcrits, nous bouleversent. On a le coeur qui se serre à la lecture. Le graphisme reste à son plus haut niveau, c'est-à-dire ce qui se fait le mieux dans le shôjo, avec un trait très détaillé et presque tranchant, des planches mises en page avec une recherche esthétique certaine et malgré tout, beaucoup de clarté et de dynamisme dans la mise en scène. Lire une oeuvre de ce niveau graphique est un tel plaisir, et l'ambiance est si travaillée, qu'on se retrouve à essayer de lire plus lentement pour mieux en profiter.
Une amélioration nette, donc, par rapport aux deux derniers volumes qui étaient décevants. Cependant, on n'est toujours pas à l'exceptionnel niveau du début de la série non plus, même si on sent que ça va venir. Voyons donc ce que nous réserve la suite, en espérant que les nombreux mystères posés ne seront pas résolus à la va-vite.

Tome 11

Uragiri 11 pika


Le précédent volume semblait promettre un retour de l'action et des combats que cette série sait si bien mettre en scène ; malheureusement, ce ne sera pas pour celui-ci, d'où une certaine déception. En effet, les Zweilt ne font que rechercher Shûsei puis le soigner. C'est encore un tome de blabla, même si c'est du blabla au ton plus grave et engagé que certains des tomes précédents.
Le plus sympathique est que l'on a quelques révélations sur Yûki et sa vie antérieure ; de plus, on comprend assez vite que ces révélations ont été faites dans le but de manipuler celui-ci et que le danger n'est pas forcément où ils le croient, qu'il est peut-être plus près d'eux qu'ils ne le pensent.
Un certain suspens donc, mais sinon on retient surtout l'émotion de certains passages et bien sur, le dessin qui reste absolument magnifique, d'une beauté presque tranchante. Pour le reste, on regrette que ce soit assez mou et que l'aventure soit autant laissée de côté.
Pourtant ce manga avait connu des premiers volumes réellement passionnants : complexes, magnifiques et bourrés d'action. Mais cela fait quelque temps que l'intensité n'est plus la même et qu'il y a beaucoup trop de chapitres accordés à la vie quotidienne et à de la parlotte, qui d'ailleurs n'approfondit même pas beaucoup les personnages, là où on attend plutôt de l'aventure, de l'action, du sang et des combats. C'est dommage et on espère que la mangaka remettra bientôt sa série de bons rails, sous peine de qualifier celle-ci de déception...
Pour cet opus, une dernière déception est la finesse du bouquin, qui ne compte que 140 pages et ne contient même pas d'histoire hors-série pour compléter les chapitres manquants. La lecture reste cependant sympathique, simplement pas à la hauteur de que paraissait promettre le début. On attend encore que l'action se réveille.

Date de dernière mise à jour : 13/06/2014

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