Tomes de Sakura-Gari

Tome 1

J'ai été surprise en bien par ce manga qui est assez différent des autres oeuvres de Yuu Watase. Moins niais, mais plus mature et moins innocent. L'absence de touche humoristique rend la lecture plus fluide et empreint le récit d'une atmosphère assez mystérieuse, voire pesante. Mais quels secrets peuvent bien dissimuler cette étrange maison et ses personnages à la limite du malsain ? Pour l'instant, mon attention est bel et bien acquise. Seul regret : était-il indispensable de produire une édition si chère et peu maniable ?

Tome 2

Avec près d'une dizaine de kleenex vidés durant la lecture, ce second volume de Sakura-Gari est sans conteste l'oeuvre à m'avoir le plus émue depuis très longtemps. Le graphisme sublime de Yuu Watase sert admirablement cette histoire tragique, dure, réaliste, éprouvante. La psychologie des personnages est d'une telle profondeur qu'elle donne le tournis, d'autant qu'on ressent pleinement leur souffrance à chacun des deux protagonistes : Masataka victime de traitements si durs, frisant la torture morale et physique ; mais aussi Sôma qui à cause de secrets qui ne seront dévoilés que progressivement, se montre à la fois incapable d'agir autrement et de renoncer à son obsession, enfermé qu'il est dans son propre enfer mental. L'intrigue n'épargne pas les personnages, tous plus aliénés les uns que les autres, et pourtant c'est d'une telle crédibilité... Je ne le dirai jamais assez, Sakura-Gari est l'un des meilleurs manga yaoi à être parvenus en France, et il est réellement incontournable. Son prix ne doit surtout pas être un frein à son acquisition.

Tome 3



oins violent que le tome 2 (ce qui permet au souffle de retomber convenablement, aboutissant au final à une série parfaitement équilibrée sur l'ensemble), ce tome n'en reste pas moins d'une intensité émotionnelle exceptionnelle. Les sentiments des personnages sont décrits avec beaucoup de justesse et surtout, de réalisme. Le final lève enfin le voile sur les différents secrets des deux protagonistes principaux, mais aussi d'autres personnages comme Sakurako ou Katsuragi. Révélations bouleversantes et retournements de situation poignants sont au rendez-vous ! Au final, on hésite sur le message laissé par Yuu Watase : les deux personnages, tous deux brisés par la vie, se sont-ils sauvés l'un l'autre ou damnés ensemble, condamnés à reproduire éternellement un cycle de violence dramatique, où l'ordinaire se meut en une réalité tordue et viciée ? Indéniablement, la conclusion possède un aspect positif, voire heureux, malgré tout on en reste sur une note amère ; la tragédie achève cette histoire d'une manière fatalement logique. Sakura-Gari est définitivement une grande oeuvre. Les yaoistes et même éventuellement non-yaoistes, ne peuvent le contourner sans manquer un véritable monument du manga.

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