Tomes de Bad Teacher

Tome 1

Avec ce premier tome de Bad Teacher, nous découvrons un manga où l’histoire n’a pas de vrai fil rouge, où les personnages n’ont guère de psychologie (ils ne se posent pas de questions existentielles et l’homosexualité semble ordinaire) et où le dessin n’est pas très beau ; autant dire que de prime abord cette œuvre ancienne de Kazuma Kodaka ne semble pas présenter beaucoup d’intérêt. Pourtant, ce manga se révèle une assez bonne surprise de par l’immense fossé qui le sépare de tous ces yaoi archi-stéréotypés où les codes sont tellement appliqués qu’ils se ressemblent tous. Bad Teacher, exempt de ces clichés, nous propose de facto quelque chose de différent, où les tribulations des protagonistes n’ont ni queue ni tête mais réservent des surprises en permanence. La lecture n’a peut-être pas de but, mais elle est amusante et distrayante car le comique d’ambiance est vraiment soigné. Ainsi, si Bad Teacher n’est pas à conseiller à qui fait ses premiers pas en yaoi, n’étant pas du tout représentatif du genre, il satisfera les fans de Kodaka et plaira peut-être aux lassées des clichés perpétuels des autres yaoi.

Tome 2

Un second tome aussi épais que le premier et dans lequel il se passe une tonne de trucs : flash-back narrant la première rencontre entre les protagonistes, voyage en Norvège pour rencontrer les parents de Ma, et diverses jalousies/frustration /autres tribulations entre les personnages.
Autant le dire tout de suite, si l'on lisait ce manga en recherchant de réalisme ou de la crédibilité, il serait mauvais. Tous les persos sont gays, ils sont amoureux de machin ou truc qui aime quelqu'un d'autre, ou si c'est réciproque ils affrontent des petites crises de couple à peu près normales, et dès qu'il y a un nouveau protagoniste il est gay aussi.
Bon. Seulement, le but de ce manga n'est pas du tout, mais alors pas du tout de produire un scénario sérieux, il consiste seulement à pondre une histoire sans queue ni tête, une sorte de Kimagure Orange Road avec que des hommes. Il faut le lire pour ce que c'est : de la légèreté, de l'improbabilité, de l'humour à foison, et là, eh bien on prend vraiment son pied avec cette lecture très drôle et très différente de ce que proposent les autres yaoi.
Autre point agréable, alors Kodaka fait souvent du sexe pour du sexe, dans ce manga il n'y en a pas, à part quelques allusions ici ou là, c'est donc du shônen-ai accessible à tous et qui ne tourne pas qu'autour du cul.
Bref une très bonne surprise, qui ne vole pas très haut sur le plan objectif c'est sûr, mais le yaoi est un genre particulier et nos attentes ne sont pas forcément les mêmes que pour un autre genre de manga ; là c'est une série dont les défauts même la rendent vraiment sympa !

Tome 3

Dans ce troisième volume, les tribulations gays de nos chers personnages se poursuivent, toujours sur le même ton : drôle et spontané. Bad Teacher n’est pas un manga réaliste ni un manga au scénario travaillé, mais il a été construit avec une certaine naïveté particulièrement rafraîchissante. La lecture est distrayante et drôle, c’est pourquoi, en dépit du manque de qualités objectives de ce manga en termes de dessin, de narration, de scénario et surtout de crédibilité, on ne peut s’empêcher de le lire avec beaucoup de plaisir. Le bouquin a beau être épais, on ne s’ennuie pas et les pages défilant, on se laisse toujours surprendre par les tournures du scénario.
Ce sont plus particulièrement Arisawa et Shibata qui ont la vedette dans ce tome, même si les autres ne sont pas laissés de côté, restant des personnages secondaires indispensables. Alors qu’Arisawa fait des pieds et des mains pour attirer l’attention de Shibata, ce dernier voit également le retour d’un ancien camarade de classe dont il ne se souvient pas du tout mais qui était amoureux de lui et digère assez mal le fait de le voir (presque) s’afficher avec Arisawa. De plus, Shibata va aussi devoir vivre une « rencontre arrangée » avec une jeune fille avec qui le feeling ne passe pas si mal…
Kazuma Kodaka a le chic pour dresser des personnages aux caractères bien tranchés. Même quand une fille apparaît enfin dans son manga, c’est pour lui donner un caractère masculin qui tranche avec les demoiselles habituellement dessinées dans les manga, y compris yaoi. Chaque protagoniste sait ce qu’il veut et une façon bien à lui de vouloir l’obtenir, et cette confrontation continuelle de personnalités très différentes rend les interactions riches et surtout, très amusantes.
Comme auparavant, on reste dans le shônen-ai. L’absence de sexe lourd allège réellement l’atmosphère et donne une autre dimension à ce titre, qui assume sa superficialité pour en faire une « sitcom » où intérêt ne tourne qu’autour de scènes porno au final souvent sans grand intérêt. Bad Teacher, au moins, assume ouvertement sa légèreté et en joue pour notre plus grand plaisir. Un yaoi décidément très différent des autres, à découvrir pour changer d’air !

Tome 4

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Un super tome où, outre quelques passages humoristiques avec Atsushi, on retiendra essentiellement la mise en avant du couple Toru/Masami. En effet, la première partie du volume nous présente assez largement la façon dont leur duo s'est formé, alors qu'ils étaient jeunes étudiants ; nous voyons avec tendresse leurs sentiments naître et grandir jusqu'à se terminer de la façon que l'on sait.
Dans cette première partie, Kazuma Kodaka nous offre une romance assez classique, avec des obstacles peu originaux et pas trop nombreux quand même, mais c'est justement ça qui est touchant. Tout comme est touchant et efficace cet univers presque exclusivement masculins, où tout le monde est gay ou le devient, mais cette comédie romantique faite à la sauce "yaoi" soft est justement la personnalité et l'attrait de cette série, dont la tonalité possède par ailleurs un côté un peu vieillot qui peut rebuter ou pas.
Vers la fin du volume, une autre partie longuement développée permet de voir évoluer le couple Toru/Masami. En effet, malgré plusieurs années passées ensemble, ils n'ont pas toujours pas franchi certains pas, comme faire l'amour ou dire à tout le monde qu'ils sont en couple. Ce qui crée quelques remous à force, et une petite crise va secouer leur duo. Là aussi, c'est mis en scène de façon très classique pour une romance, sans rebondissements vraiment recherchés, mais c'est efficace et on se prend au jeu sans problème.
Bref, une fois de plus, on passe vraiment un très bon moment de lecture, qui aère la tête et amuse de bout en bout.

Tome 5

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Alors que le tome précédent contenait des évolutions significatives au sein des couples, celui-ci, qui clôt la série, continue logiquement sur cette lancée et les voit prendre des décisions ou faire des choix qui vont déterminer durablement leur vie future.
C'est avec émotion, et toujours beaucoup d'humour, qu'on voit le couple Masami/Toru achever d'arriver à maturité. Toru est enfin décidé à assumer auprès de tous sa relation avec Masami, tandis que ce dernier se rend compte qu'il peut désormais laisser ses obligations de côté pour se consacrer à leur relation.
Après un début de tome consacré à eux et à la redéfinition de l'existence menée par les frères Shibata, le manga se tourne vers l'évolution du couple Masayoshi/Atsushi. Comme entre ces deux-là les choses sont encore loin d'être finies, du coup le rythme du manga prend un coup de fouet et se met à enchaîner les ellipses et les "résumés". En d'autres termes, le récit passe assez rapidement sur les années de lycée, puis d'université d'Atsushi.
Bien qu'accéléré, l'histoire reste très plaisante à suivre car elle sait se concentrer sur l'essentiel. On voit les deux personnages poursuivre leur relation ambiguë, et tous deux se montrent très touchants lorsque des moments-clefs montrent leurs hésitations ou leurs faiblesses. Malgré les changements de situation, les rencontres plus ponctuelles, le stress des examens, le vieillissement qui les transforme et les assagit, ils n'oublient jamais. La romance est plus que jamais au rendez-vous et aucune romantique ne saurait y être insensible !
Ce tome se lit avec vraiment beaucoup de plaisir et c'est presque une récompense de voir, au final, l'amour longtemps insatisfait d'Atsushi finit par porter ses fruits. Et pas forcément de la manière à laquelle on s'attendait, ce qui est l'occasion d'une postface complètement hilarante. Oui, il est peu commun de citer dans une chronique de manga la postface bonus qui suit celui-ci, mais là il faut bien avouer que Kazuma Kodaka a fait fort en retraçant en manga les réactions "à chaud" des pauvres drama-seiyuu pris au dépourvus dans la définition de leurs rôles !
Du rire, de la romance à foison, des tribulations dynamiques poursuivies sur plusieurs tomes/années de l'histoire : Bad Teacher a tout du manga à l'ancienne, y compris le dessin daté, mais il reste très plaisant à lire et n'a pas pris une ride. Au contraire, le fait qu'il ait été dessiné à une époque où le boys love était en train d'éclore en tant que genre à part entière, lui a permis d'éviter les nombreux stéréotypes agaçants dans lesquels le genre est tombé par la suite. Bref, c'est un manga très sympa qui est également un incontournable du BL, à lire !

Date de dernière mise à jour : 24/11/2013

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