Under Grand Hotel - Mika Sadahiro

INFORMATIONS
 
Titre : Under Grand Hotel  
Genre : Réel
Mangaka : Mika Sadahiro
Editeur : Taïfu
Nombre de tomes : 2 au Japon, terminé
Rating : M
 
RÉSUMÉ
 
Condamné pour meurtre, Sen est emprisonné à l'Under Ground Hotel. Pour survivre, il aura besoin de la protection de Swordfish, le leader de la prison. Mais il devra payer cette protection par son corps...
 
AVIS
 
Dès que j'ai feuilleté ce manga, j'ai su que j'allais l'adorer, et je ne me trompais pas. Il est bien différent de la plupart des yaoi que l'on nous propose ; en termes d'univers, d'ambiance et de dureté, il se rapproche davantage de Banana Fish que des séries habituelles (sans cependant être au niveau de cette pointure, mais c'est normal vu qu'il y a 9x moins de tomes).
Le fait que ça se passe en prison dote d'emblée le manga d'une ambiance sombre et oppressante. On se sent menacé en permanence, on ne peut faire confiance à personne car chacun des détenus présents s'est rendu coupables de crimes graves. Parce que c'est une prison, la loi du plus fort règne, quitte à faire les compromis nécessaires. Et parce que c'est une prison, c'est cohérent que les personnages puissent être déments, féroces, traîtres, manipulateurs, et surtout, qu'ils se sautent les uns sur les autres car frustrés par le manque de femmes. Ils ne sont pas forcément gays, mais leurs hormones sont en ébullition à cause du confinement.
Le passé des personnages, qui ressurgit peu à peu au détour des pages, assombrit encore le tableau. De même qu'une foule de détails qui soignent cette atmosphère cruelle et parfois malsaine : impossible de s'isoler totalement pour uriner, de se protéger du regard des autres dans les douches, voire d'échapper au regard du gardien de nuit qui débarque en pleine scène de baise.
Et des passages chauds, il y en a à foison pour  notre plus grand bonheur. Ils ne sentent pas tous les fleurs, loin de là : il se peut qu'un personnage se soumette à un autre plus puissant pour bénéficier de sa protection, ou qu'un viol collectif ait lieu par vengeance ou par calcul (cette ficelle-là se voit d'ailleurs utiliser un poil trop souvent, ça finit par en devenir répétitif).
Histoire, personnages, cadre : tout dans ce manga se révèle féroce. Et quelque part, c'est justement à cause de cette férocité, de cette sensation permanente de menace, que l'amour se révèle un dernier recours, une ultime consolation, et qu'il acquiert ainsi une sorte de magnificence.
On relève d'ailleurs que ni le seme, ni l'uke ne sont soumis aux clichés typiques qui leur correspondent. L'uke, en particulier, en a dans le ventre et il sait se défendre, ou du moins encaisser. Il sait aussi renoncer à sa fierté quand il le faut. Quant au seme, le seul fait qu'il soit noir de peau en fait un personnage à part dans la sphère du manga ; et comme il est particulièrement séduisant, chacune de ses apparitions est une occasion de se rincer l'œil.
Beau, dur, sans pitié, crédible, Under Grand Hotel est un ovni au sein des yaoi manga, un ovni comme on aimerait définitivement en voir plus souvent tellement ils contribuent à la variété et l'enrichissement d'un genre trop souvent défini par des ficelles identiques d'un titre à l'autre. Ce manga est la preuve que dépasser ces codes est plus que possible. Et ça fait un bien fou. 

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