Tomes de The Best Lover

Tome 1

Ce manga au sujet plus qu’éculé dans le yaoi (le mannequinat, encore…) présente des personnages adultes (même si Yoshimi se comporte comme un gamin, mais son assurance compense partiellement) ayant des relations de sex-friends. Presque tous les personnages sont gays ou intéressés par les hommes, ce qui est même pour une fois reconnu par l’auteur et les personnages, qui n’hésitent pas à dire que « c’est courant dans le milieu ». En dépit de ce cadre rebattu et peu réaliste, on apprécie les personnages adultes, qui ne se comportent pas en vierges effarouchées ni en amants possessifs. Les personnages ont du style, notamment Masahiro parce qu’il ne se laisse pas marcher sur les pieds, même quand il paraît céder, et Yoshimi parce que malgré son caractère insupportable, ses sentiments ne tardent pas à transparaître. Pour l’instant ce manga apparaît comme l’un des meilleurs de l’auteur, bien qu’il ne sorte pas d’un cadre très stéréotypé. 

Tome 2

Dans ce second volume, les personnages dévoilent davantage leurs sentiments. Yoshimi commence à se montrer plus possessif tandis que Masahiro et Akito laissent entendre, chacun de leur côté, un possible regret de leur éloignement progressif. Ces révélations se font tout en subtilité voire en sous-entendus ; au lieu de précipiter son intrigue, la mangaka nous laisse le temps de savourer nos interrogations, tout en nous faisant profiter de scènes yaoi régulières et insérées avec naturel. Parallèlement, Yoshimi connaît des difficultés dans son travail, son succès lui attirant la jalousie et l’hostilité d’autres mannequins, et se retrouve face à des situations au cours desquelles il acquiert du caractère. Quant à Masahiro, on devine qu’il a peut-être connu un passé difficile, même si on n’en saura pas davantage pour le moment… The Best Lover reste donc un manga très agréable à lire et montre qu’un récit développé sur plusieurs tomes semble essentiel à Masara Minase pour que son talent serve véritablement. 

Tome 3

La tension sentimentale, qui paraissait presque absente du premier tome, a cru progressivement et est désormais persque omniprésente. Si Yoshimi est sûr de ses sentiments pour Masahiro et fait preuve de détermination dans sa volonté de le conquérir en devenant un bon mannequin, pour diverses raisons Masahiro commence lui aussi à ressentir certaines émotions. La façon dont ces dernières se dévoilent et le fait qu'elles n'apparaissent qu'à petits pas permet d'y croire et de se laisser emporter par l'histoire, Akito n'étant pas laissé de côté non plus. Néanmoins, l'intrigue insiste largement trop sur les rebondissements sentimentaux et les gays sont décidément vraiment trop nombreux, quand bien même on se souvient dans un milieu où c'est "courant". Autant ce ne serait pas dérangeant dans un shôjo (les hétéros restant quand même statistiquement plus nombreux que les homos), autant dans un yaoi, pour des raisons de crédibilité, la pilule a toujours autant de mal à passer... Néanmoins, c'est justement grâce à ce défaut que les sentiments entre Masahiro et Yoshimi sont si bien décrits, on n'en tiendra donc pas trop rancune au manga, qui reste dans l'ensemble assez agréable à lire et sort quand même des sentiers hyper-rebattus du mannequinat grâce à ses personnages aux personnalités atypiques. 

Tome 4

 

Ce quatrième et dernier tome de The best lover s’avère tout aussi sympathique que les précédents. Les personnages ont changé et évolué, ils font des choix. Le chemin qu’ils ont fait les rend particulièrement attachants, car on aura suivi leur parcours de très près. La mise au point entre Akito et Masahiro se révèle particulièrement touchante, car outre une narration émouvante et une certaine justesse de ton dans la discussion, leur relation montre les raisons pour lesquelles un couple peut aboutir à un échec même si l’amour est bien présent. Par ailleurs, lorsqu’il se trouve confronté au même type de choix qu’Akito, Yoshimi tente de concilier son couple et sa carrière, quand bien même tout semble contre lui ; sa détermination fait du bien au moral. Les quelques rares reproches qui avaient puis être faits au tome précédents sont gommés par la mangaka dans cette conclusion qui a su ne pas s'attarder sur des rebondissements qui auraient fini par devenir lourds. Au final, et malgré certains côtés déjà-vus et un manque d’originalité dans son univers ou son déroulement, The best lover se sera révélé contre toute attente une lecture très agréable pour toute yaoiste. C’est sur ce format développé que Masara Minase, dont les one-shots ne valent pas forcément le détour, réussit vraiment à donner plus de personnalité à ses œuvres et à accrocher son lectorat.

Date de dernière mise à jour : 29/11/2012

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