Words from the past - Ami Oyamada

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INFORMATIONS

Titre : Words from the past
Genre : Vie quotidienne
Mangaka : Ami Oyamada
Éditeur : Asuka
Nombre de tomes : 1, terminé
Rating : M

RÉSUMÉ

Moriyama vient nouvellement d'être nommé responsable éditorial d'un maître du roman érotique, Kirimura. Bien qu'ils se connaissaient vaguement de par leurs pères respectifs, Kimura s'en prend violemment à son éditeur, accusant son géniteur d'avoir poussé au suicide le sien. Mais comme bien souvent, la haine cache parfois un amour insoupçonné... Ces deux deux hommes sauront-ils surmonter le passé et écrire ensemble une belle histoire d'amour?

AVIS

Le résumé correspond en fait à la première des deux histoires contenues dans ce volume, qui a donné son titre à celui-ci. Words from the past, c’est d’abord un régal visuel, avec un dessin détaillé, tout en nuances de gris, et des décors soignés et précis, sans parler du port du kimono, certes classiques mais toujours efficace et apportant une touche historique dans un récit moderne.
Le fond n’est malheureusement pas tout à fait à la hauteur. En fait, les deux histoires (la seconde s’intitule Startline) montrent une certaine maladresse dans la construction générale et le rythme. Malgré la maîtrise graphique, on voit que la mangaka était encore débutante (c’était son premier manga publié). Dans Words from the past, ça se traduit par un synopsis qui ne tient pas complètement debout (pourquoi les fils suivraient nécessairement les mêmes chemins que les pères, non seulement pour le travail mais aussi pour le sexe… problème d’identification ? SOS Freud !) et un mystère où les indices sont assez mal amenés et ne soulèvent pas forcément les bonnes questions, et que le quatrième de couverture spoile assez violemment le truc ne lui rend pas service. De plus, le gay ne trouve pas franchement de fondements, surtout au début, où il apparaît de façon violente et pas vraiment justifiée, sans parler de la réaction du uke pas très réaliste (pas très traumatisé, notamment…) Pas beaucoup de finesse donc.
Si la narration du passage en flash-back est assez bonne et émouvante et qu’on y croit, ce n’est pas le cas des conséquences sur le présent, et c’est dommage. L’histoire étant courte et tenant en deux petits chapitres, il n’y a pas grand-chose au final à se mettre sous la dent, même s’il y a de bons éléments et que c’est loin d’être médiocre non plus. En fait, le problème est sans doute que Words from the past se prend trop au sérieux : trop de dramatisme, trop de « secrets familiaux »… et le récit n’est pas assez bien construit pour une narration aussi grave, c’est pourquoi en fin de compte on n’y croit pas forcément.
La nouvelle contenue à la fin du volume, qui reprend ces deux personnages mais en changeant de point de vue, se révèle par contre beaucoup plus qualitative, la narration sonne plus juste.
Startline se révèle plus réaliste. Il faut dire que ses quatre chapitres permettent davantage de développement et de délaiement de l’action. Cependant, tout comme Words from the past qui montrait un écrivain débauché, Startline se pose dans un contexte assez cliché dans le yaoi, celui du sport et des amis d’enfance entre lesquels la distance s’est creusée (en partie justement à cause du sentiment « interdit »…) C’est surtout la narration qui pose problème dans cette histoire, le déroulement des événements n’étant pas toujours très clair et la confusion possible entre les personnages qui se ressemblent n’aidant pas. Le fait que l’homosexualité ait toujours été latente rend le synopsis plus crédible, par contre ce n’est pas très clair surtout au début qui est amoureux de qui et pourquoi les deux persos ne sont pas déjà ensemble. En fait, les sentiments –qui donc manquent de clarté- prennent trop de développement narratif par rapport au rythme d’avancée du récit, ce qui rend ce dernier confus aussi…
Dans Startline, il y a donc beaucoup de sentiments et d’émotion mais on ne comprend pas forcément d’où ça vient car ça manque de linéarité et de clarté.
Finalement ce manga n’est pas inintéressant et il y a du potentiel et de bons points, surtout niveau sentiments et graphisme, mais la construction est encore maladroite et l’ensemble n’est donc pas encore tout à fait au point. Si la mangaka a progressé par la suite, ses autres titres seront par contre à surveiller…

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