In the name of beauty - Modoru Motoni

 

INFORMATIONS

Titre : In the name of beauty
Genre : Vie quotidienne. Présence de fantastique dans 1 nouvelle. 1 nouvelle de texte.
Mangaka : Modoru Motoni
Editeur : Asuka
Nombre de tomes : 1, terminé
Rating : M

RÉSUMÉ

Histoires d'amour furtives, passions exacerbées et destinées brisées composent les couleurs de ce recueil où l'Amour, qu'il soit platonique ou charnel se ressent dans le moindre frémissement des sens. Les héros tragiques de ces fables érotiques ont tous en commun de ne jamais laisser le vulgaire ternir leurs sentiments et chacun de leurs actes a pour ambition la Beauté dans ce qu'elle a de plus parfait, quelles qu'en soient les conséquences…

AVIS

Voilà un recueil qui porte bien son nom : il s’agit en effet d’un véritable hommage à la beauté, et c’est réussi ! Les trois premières nouvelles présentées sont d’une qualité impressionnante. Avec un rythme parfaitement adapté au format, une narration poignante à la première personne, et des personnages adultes traités avec une grande subtilité, on suit des histoires fascinantes, d’une force d’évocation hors pair. Modoru Motoni était romancière avant d’être mangaka, et cela se perçoit avec une quasi-évidence tellement son dessin, bien que très classique du shôjo dans son trait et sa mise en page, se rapproche du roman graphique, avec un style très littéraire, très poétique. On baigne dans une ambiance soignée où règne un malaise certain. On pourrait reprocher aux personnages de se montrer gays trop spontanément et sans guère de questionnements, mais il y a quelque chose dans l’atmosphère, une délicatesse, une justesse, une sensibilité, bref une « beauté » ; quelque chose de tel qu’on s’y fond totalement, fasciné, en s’imprégnant juste profondément de la tension dramatique qui règne dans ces récits. Même les scènes de sexe sont chargées d’émotion ; bien insérées, elles servent réellement l’histoire, tout en ne montrant ni pudibonderie ni pornographie gratuite. Une réussite proche du chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte.
Seule ombre au tableau : le cinquième chapitre, qui n’est pas vraiment à sa place dans ce volume puisqu’il n’a rien à voir avec la beauté et encore moins avec le yaoi, puisqu’il ne contient pas de gay. L’univers y est sombre, violent, plus axé sur l’action. Une histoire assez peu intéressante somme toute, qui fait ombre dans ce tableau quasi-parfait qu’aurait pu constituer ce recueil.
Le quatrième chapitre est lui aussi dans une ambiance moins poético-tragique que les trois premiers, jouant plutôt le jeu du réalisme et de la crudité de la société, mais au moins c’est du yaoi. On y relève aussi la présence de fantastique, ce qui rend le rend différent des précédents. Il fait d’ailleurs écho à une nouvelle écrite en texte (dernière originalité de ce manga) qui fait une vingtaine de pages et se déroule dans le même univers, avec les mêmes personnages.
Cette dernière se situe tout à la fin du livre et est beaucoup plus orientée sur le fantastique que sur le yaoi, ce dernier étant présent surtout grâce aux scènes de sexe insérées dans les passages d’action. Le style d’écriture est léger au possible : aucune erreur involontaire, mais aucune recherche littéraire non plus, et une ponctuation alourdie par le désir d’accroître l’expressivité. C’est étrange à dire, mais la mangaka se révèle beaucoup plus talentueusement « littéraire » dans ses trois nouvelles consacrées à la beauté, que dans ce texte.
Pour ses trois premières nouvelles cependant, ce manga s’avère résolument indispensable.
 



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