Tu n'aimeras point

 

 

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INFORMATIONS

Titre : Tu n’aimeras point
Type : Film 
Genre : Vie quotidienne, drame 
DVD : Oui
Langue : Hébreu sous-titré français
Rating : T

RÉSUMÉ

Aaron est un membre respecté de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. Marié à Rivka, il est le père dévoué de quatre enfants et exerce le métier de boucher par tradition familiale. Cette vie en apparence solide et structurée va être bouleversée le jour où Aaron rencontre Ezri. Emporté et ému par ce bel étudiant de vingt-deux ans, il se détache progressivement de sa famille et de la vie de la communauté. Bientôt, la culpabilité et les pressions exercées par son entourage le rattrapent, le forçant à faire un choix...

AVIS

Ce film fait partie de ceux qui, quand on les voit, permettent de se rendre compte que le cinéma est bel et bien un art et non un simple divertissement. Le niveau artistique est en effet hissé très haut, et du visionnage on ne peut en ressortir qu’impressionné par le talent du réalisateur. Il faut dire que le seul fait de s’attaquer à un tel sujet, ô combien sensible, relevait d’une audace inouïe ! D’ailleurs, il est probable que ne rien connaître au judaïsme fasse passer le spectateur à côté de quelques symboles subtilement insérés, ne seraient-ce que les codes vestimentaires. 
Dès le début, on est happé par l’ambiance pesante du film. L’émotion est essentiellement provoquée par la musique, peu variée mais incroyablement chargée en émotion, absente quand il le faut et appuyée quand c’est nécessaire. En comparaison, le jeu des acteurs est tout en retenue et en sobriété, un genre dont je suis ordinairement peu adepte, préférant le jeu expressif des Japonais par exemple, mais là la musique permet vraiment de saisir les émotions cachées dans les non-dits, les violences internes du moment. Au final, l’ambiance a même une telle force qu’elle en devient parfois étouffante. 
Les plans bénéficient de cadrages extrêmement soigneux, qui rendent l’image en permanence belle et significative. La distance instaurée de prime abord entre les deux protagonistes s’amenuise peu à peu, avec beaucoup de subtilité ; on saisit leur désir interdit et le poids non d’une religion, mais surtout d’une culture tout entière, d’un quartier, voire même d’une ville. Car on n’est pas n’importe où, on est à Jérusalem, ville sainte entre toutes, au sein d’un quartier ultra-orthodoxe (quartier que j’ai, entre parenthèses, eu la chance de visiter déjà, et le prof qui nous accompagnait avait donné alors pour consignes aux filles de porter jupe, t-shirt couvrant (par 35°C) et foulard, ça vous donne une idée de l’austérité des lieux !). Dans un tel cadre, l’amour est en butte à une dignité d’une sévérité irrépressible. C’est pesant, émouvant, et ça fait réfléchir. Le danger, après visionnage, serait toutefois de condamner toute forme de religion, mais ce serait un raccourci bien trop superficiel et le réalisateur sait ne pas sombrer dans la facilité à ce niveau-là, même si sa réponse finale semble sans équivoque. 
Un superbe film donc, une véritable œuvre d’art, qui mérite amplement sa reconnaissance au sein du milieu cinématographique. 

Voir le trailer

Date de dernière mise à jour : 15/01/2012

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