Éclipse Totale (Rimbaud-Verlaine)

INFORMATIONS

Titre : Éclipse Totale (Rimbaud-Verlaine)
Type : Film
Genre : Historique, drame
DVD : Oui
Langue : Anglais, Français
Avec : Leonardo DiCaprio
Rating : Quelques scènes de nu et parfois sexe suggéré

RESUME

Arthur Rimbaud, 17 ans débarque à Paris à l'invitation de Paul Verlaine, de 10 ans son ainé. Ce voyage va sceller leur destin. Très vite, l'amitié cède le pas à la passion, violente, destructrice, scandaleuse...

AVIS

Ce film m’a bouleversée, je pense qu’il continuera à faire partie de mes films gays préférés, il est vraiment très beau…
Ce qui m’a immédiatement frappée dans cette œuvre, c’est sa capacité à rendre les personnages incroyablement vivants. Je ne sais pas si c’est seulement moi, mais en ce qui me concerne j’ai souvent de la peine à me représenter comment ont pu être des personnages historiques, qui ont été vivants mais qui ne le sont plus : souvent on connaît leurs faits et gestes, leurs travaux, les principales étapes de leur vie ; mais comment étaient-ils au quotidien, comment mangeaient-ils, parlaient-ils, riaient-ils ? C’est souvent difficile de leur attribuer une personnalité, un caractère ; c’est d’autant plus vrai pour les littéraires et philosophes, dont les qualités n’étaient pas guerrières. Or ce film les ressuscite admirablement, on jurerait les avoir côtoyés et du coup on se rend vraiment mieux compte à quel point ces personnages ont pu être des humains avant d’être des génies ou des célébrités.
Or justement, un être humain c’est complexe, très complexe… À ce titre, la profondeur attribuée aux protagonistes est vraiment admirable, on sent toutes les facettes de leur intériorité. Prenons Verlaine : il était alcoolique, violent, indécis et geignard. Il souffrait d’être partagé entre ses amours pour Mathilde et Rimbaud. Quant à ce dernier, on le voit vraiment évoluer : jeune, il était sûr de lui, provocateur, sale, grossier et arrogant. Il rêvait d’une carrière littéraire et ne doutait pas une seconde d’y parvenir. Plus tard, il va se casser les dents sur la réalité, on le découvrira alors désabusé, désorienté et désespéré, au point de choisir la fuite et l’exil.
Le rôle de voyou convient bien à Leonardo DiCaprio, qui interprète superbement la personnalité hors-normes de Rimbaud, ce jeune génie que nul n’aura su comprendre, ni même apprécier en dehors de Verlaine qui était fou de lui – et donc pas très objectif. Il apparaît vraiment déconcertant, souvent même infréquentable, ce qui était très probablement le cas dans la réalité. Le respect historique, d’ailleurs, est plutôt bien respecté, même dans les détails ; la réalisatrice n’a vraisemblablement que très peu déformé les évènements, elle s’est plutôt arrangée pour tourner la mise en scène en sa faveur en s’adaptant en exigence du passé.
L’acteur qui joue Verlaine est également excellent ; malgré sa maturité, il n’en est pas moins charmant dans sa gestuelle (sauf évidemment, dans les scènes où son personnage apparaît volontairement pathétique mais c’est normal =p).
Dans l’ensemble, la qualité cinématographique me semble au rendez-vous ; je ne suis pas une spécialiste en la matière mais en tout cas j’ai réellement été absorbée. La musique soutient discrètement – et efficacement – des cadrages soignés, des plans choisis pour leur pure émotion et leur symbolisme. Le rythme ne souffre ni de précipitations ni de ralentissements ; étant donné que le film retrace une assez longue période (au moins deux ans), on peut parfois trouver certaines transitions brutales mais dans l’ensemble la gestion est très bonne, surtout avec les indications de dates et de lieux qui apparaissent ponctuellement.
La seule chose qui m’a manqué est la famille de Rimbaud, laissée trop en retrait à mon goût, en particulier sa mère qui dans le film paraît presque aimante alors qu’on sait qu’ils ne s’entendaient guère, car elle désapprouvait ses manières et son mode de vie et est intervenue dans l’affaire Verlaine uniquement par crainte que les frasques de son fils salissent son nom. C’est dommage car avec cet élément en plus, on aurait mieux encore cerné la personnalité de Rimbaud. De plus, le film n’aborde pas vraiment de thèmes de l’époque, en dehors de quelques allusions à la pauvreté et au fait que la sodomie est interdite par la loi ; je dirais que la profondeur dans cette œuvre se situe moins au niveau du cadre qui reste somme toute bien transcrit mais assez superficiel, qu’au niveau des caractères des protagonistes qui eux sont vraiment extrêmement travaillés ; surtout que Leonardo DiCaprio est excellent dans le sens où il est capable de transmettre un maximum d’expressivité en un minimum de gestes.
Éclipse totale est d’abord et avant tout une superbe histoire d’amour, tragique mais intense et passionnelle. Songer qu’elle est à peine romancée la rend encore plus émouvante, tout comme le fait que les scénaristes ne tentaient probablement pas de faire du film gay à tout prix. Et n’oublions pas le su-sucre, certes optionnel mais appréciable quand même : les quelques plans de DiCaprio version dévêtu… XD

Date de dernière mise à jour : 21/01/2014

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