SIMARA - Eleysium

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INFORMATIONS

Titre : Eleysium
Auteur : Simara
Type : Roman
Genre : Science-Fiction
Éditeur : TheBookEdition
Nombre de tomes : 1, terminé
Rating : M
Nature du slash : L'intrigue s'articule autour d'un couple de garçons

RÉSUMÉ

Certains secrets ne devraient jamais être découverts. Certains secrets peuvent détruire bien plus que les mensonges.
Mais quand les mensonges ne sont pas ceux qu’on imaginait, comment est-ce qu’on peut encore faire confiance à quiconque ?
Quels sont les secrets qui se cachent depuis des années dans la Tour d’Aesgarth et qui détruiront la vie d’un jeune homme ?

AVIS

Dès les premières pages, le premier élément à m’avoir frappée dans ce livre est son style littéraire. L’écriture EST sans conteste, et à 100%, une écriture de fanfiction. Personnellement, je ne connaissais pas l’auteur avant de lire ce livre, aussi ne puis-je affirmer qu’elle a commencé par la fanfiction avant de se mettre à ce qu’on nomme la « fic originale », mais je dois bien dire que j’en aurais mis ma main à couper tellement j’ai eu, du début à la fin, l’impression de lire une fanfiction. (Mais suite à la lecture de cette phrase, une personne de la collection m'a signalé que ce n'était pas le cas.) 
Le style de la fanfiction est vraiment particulier. Les grands auteurs de fanfiction ont une écriture à la fois fluide, qui se lit avec aisance et facilité, et parallèlement et sans forcément que cela ne nuise à l’immersion dans le récit, on y voit bon nombre de maladresses qui presque toutes se retrouvent dans ce roman. Je citerai en vrac : les coquilles d’orthographe, le parfois mauvais usage de certains termes de vocabulaire, des phrases à la tournure maladroite, un dialogue familier à outrance, un usage tout aussi familier de la ponctuation, des répétitions un peu partout et pas mal de tics d’écriture comme par exemple l’utilisation abusive du « ça » (qui est une hérésie littéraire et qui m’a écorché les yeux tout du long mais surtout dans les premiers chapitres), et pour le fond, j'ajouterais encore : quelques lemons dont l'insertion laisse penser qu'ils sont là juste "pour être là" puisqu'ils ne servent à rien. Il n’y aucune recherche de style, pas de travail d’écriture. Cette dernière a été soignée de façon à être à peu près agréable à lire, mais le traitement n’est en aucun cas professionnel et n’aspire pas à une qualité objective sur le plan textuel.
C’est en grande partie la raison pour laquelle ce roman est le premier que je lis de la collection xArrow où j’ai vraiment ressenti l’amateurisme de l’auto-édition (les auteurs que j’ai lus avant Simara étant Akiko Murita, Virginie Zurbuchen et Christelle Verhoest). Jusque-là, j’avais parfois eu cette impression sur la mise en page ou la typographie (dont les auteurs s’occupent, s’agissant d’auto-édition), mais pas dans l’écriture. Là si, indéniablement. Et ce, bien que j’aie tout à fait apprécié la mise en page et la typographie (seul détail, je trouve perturbant que les romans de la collection, qui bénéficient d’une présentation de couverture semblable, soient par contre si différents les uns des autres à l’intérieur.)
Concernant l’histoire, je dois dire que j’ai été assez séduite par l’imagination de Simara. La mention aux Mages et aux écoles, dans les premières pages, m’avait d’emblée fait craindre une énième resaucée d’Harry Potter, mais ce n’est pas le cas du tout. Eleysium prend place dans un cadre bien personnel et bénéficie d’un univers original et réfléchi. Et on est dans la science-fiction davantage que dans le fantastique, puisque l’action prend place sur une planète colonisée par les humains et sur laquelle la magie est possible grâce à une résonnance de personnes prédisposées avec des cristaux. Malheureusement, l’extraction de ces cristaux a un prix, et certaines couches de la population le paient lourdement, ce avec quoi Petyr et son groupe ne sont pas d’accord, ce qui les pousse à monter une organisation terroriste pour lutter contre le système social instauré.
Il y a donc également une réflexion intéressante autour des conséquences de l’avidité et de l’égoïsme propres à l’humain. Les cristaux représentent des avantages matériels alors tout le monde en abuse en dépit des conséquences graves subies parallèlement par d’autres, un thème qui trouve un écho très fort dans notre monde actuel.
Côté intrigue, j’ai trouvé le début vraiment intéressant et plein de suspens. Le lecteur en sait plus que les personnages et n’attend qu’une chose : le moment où les secrets qu’ils se dissimulent mutuellement éclateront. On suit Petyr et Loke, deux garçons qui sont en couple (on ne s’attarde pas vraiment sur la façon dont ce dernier s’est formé, cela n’étant pas le sujet du roman) mais ne se disent pas tout. Au début, on se penche surtout sur Petyr, qui cache à son amant qu’il est le chef d’une organisation terroriste qui se bat contre les conséquences néfastes des cristaux. Il craint sa réaction car Loke, Mage très doué, est concerné de très près par ces derniers. Mais bientôt, on comprend que Loke a lui aussi une face cachée, ce qui accroît la tension.
Comme je l’ai dit, j’ai trouvé ce début très bien tourné et intrigant, malheureusement la suite n’a pas tout à fait été à la hauteur de mes attentes. Dès le moment où Loke lève le masque, le récit ne s’oriente plus qu’autour de lui et de son passé, ainsi que son but. Sa relation avec Petyr en devient assez vite expédiée, et les agissements terroristes de Petyr et son groupe complètement oubliés : il n’en est même plus jamais fait mention, ce que j’ai vraiment regretté puisque je pense réellement qu’il y avait de quoi faire là autour, et du coup j’en viens même à trouver dommage d’en avoir autant et si bien parlé au début, si c’était pour zapper de façon aussi totale cet aspect de l’histoire. Du coup, même si le final revient autour du couple Petyr/Loke, je n’ai pas du tout trouvé la conclusion satisfaisante.
Dans l’ensemble, Eleysium est pourtant un roman que j’ai plutôt bien aimé, surtout parce qu’on s’y immerge avec une immense facilité. Une fois pris dans l’histoire, on n’en ressort plus et les pages se dévorent littéralement jusqu’à la dernière. À cause de cela, je n’ai pas pu lâcher ce livre avant de l’avoir terminé. Mais il est vrai que sur le plan objectif, ce roman a plutôt été une déception. Pour moi, son niveau est amateur, et pas du tout professionnel, il ne devrait donc pas être vendu. Évidemment, c’est un avis qui n’appartient qu’à moi.

PS : Je précise que les commentaires ayant trait à la mise en page ou à la typographie, voire aux fautes d'orthographe, ne sont valables que pour les exemplaires que j'ai personnellement eus dans les mains. TheBookEdition permettant des mises à jour constantes, les auteurs  sont en tous temps susceptibles de modifier leurs textes sur ces points-là,  aussi ces derniers peuvent-ils tout à fait différer dans une version ultérieure.

Date de dernière mise à jour : 05/12/2012

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