REBENA Ferdine - Le souvenir de ma mort

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INFORMATIONS

Titre : Le souvenir de ma mort
Auteur : Ferdine Rebena
Type : Roman (Nouvelle ?)
Genre : Vie quotidienne
Éditeur : Éditions du Panthéon
Nombre de tomes : 1, terminé
Rating : M
Nature du slash :Romance homosexuelle

RÉSUMÉ

Parachuté au Japon pour une opération cardiaque, Peter découvre une culture différente, loin de la vision de chaos véhiculée par les médias. Le jeune américain apprend à aimer le pays du soleil levant, ses traditions, paysages et habitants. La maladie n’est pas en cause lorsque son cœur s’emballe au contact de Yusuke, fils héritier du clan Yakuza Yamagushi. Les roses et les cerisiers sont en fleurs. Les pétales s’envolent. Autour d’un bol de ramen, l’amour grandit.

AVIS

Quand j'ai été contactée par les éditions du Panthéon pour recevoir ce livre à la couverture super classe et au résumé plus qu'alléchant, j'ai commencé par sauter de joie (par ailleurs, et malgré ce que je vais dire dans la suite du texte, je remercie malgré tout l'éditeur de m'avoir fait parvenir cet ouvrage, ce en quoi ils ont fait leur travail et plutôt bien puisqu'ils ont ciblé intelligemment les contacts à qui ils ont fait parvenir leurs SP - je dis ça en ayant vu la liste des sites l'ayant vraisemblablement reçu, ayant tous trait au yaoi ou à l'homosexualité).

Cependant, dès la première page lue et la vingtaine de répétitions que j'ai trouvées rien que dans ces quelques lignes, j'ai tout de suite compris qu'il y avait un problème. Une petite recherche Google plus tard, mon soupçon s'est confirmé : les éditions du Panthéon font du compte d'auteur, ce qui signifie qu'ils éditent n'importe qui du moment que l'auteur les paie (et cher). Beaucoup d'auteurs considèrent ce système comme une arnaque, personnellement je ne vais pas juger car (et je vais un peu faire la capitaliste en disant ça, mais tant pis) c'est après tout un modèle d'entreprise comme un autre, et s'il existe des auteurs capables d'accepter un contrat pareil, c'est bel et bien leur problème, pas celui de l'entreprise (au contraire). Bref, les éditions du Panthéon ont pour leur part fait du bon boulot, puisque le livre est un objet très joli, avec comme je l'ai dit une superbe couverture, un résumé très attractif. Le texte étant dépourvu de fautes d'orthographe, je pense également qu'il a dû y avoir monnaiement d'une correction soignée (en tout cas orthographiquement) puisque voici en comparaison, le résumé écrit par l'auteur elle-même sur la page Facebook de son bouquin (oui, il y a réellement un doublon non-corrigé) : 

Souvenir de ma mort facebook

[Petit aparté : "une maladie cardiaque du coeur"... lol !)]

Bref, vous l'avez compris avec cette mise en bouche, ce livre est un joli ouvrage physique mais ne vous y trompez pas, le texte est une horreur. Je trouve même malvenu de qualifier cela de "livre", dans le sens où c'est rabaissant pour la littérature de mettre ce genre de production dans le même sac que de vrais ouvrages édités (ou auto-édités mais avec un niveau professionnel). L'auteur de ce bouquin ne connaît pas du tout les fondamentaux de l'écriture d'un récit, et elle ne s'est pas relue ni documentée, se contentant d'aligner les phrases jusqu'à mettre un point final. C'est exactement le genre de textes que je faisais à six ou sept ans, quand j'apprenais à écrire ; mais ensuite je suis allée à l'école primaire et j'ai appris qu'il fallait un point de vue, un schéma type introduction > noeud > péripéties > dénouement > conclusion, et plus tard j'ai appris également qu'un effort de documentation pouvait être nécessaire pour donner du réalisme à son récit... Ici, rien de tout cela.

Si je m'écoutais, je ferais un avis très massacreur dans le genre de ce que j'ai fait pour Vampire Slave ou La dame sombre. En ce moment, et pour des raisons personnelles, je n'ai ni le temps ni l'envie de faire un pavé, donc je vais simplement lister en gros quels sont les problèmes que j'ai pu trouver à ce texte : des répétitions, des tournures grammaticales douteuses ou enfantines, des erreurs de conjugaisons et de ponctuation (les phrases exclamatives sans expression exclamative, oh my god !), des retours à la ligne manquants ou inappropriés, et des phrases contradictoires ou ne voulant rien dire. Du coté du scénario lui-même, il y a du manque de crédibilité, de l'irréalisme, de l'illogisme et enfin des incohérences de narration (en particulier quand le texte retranscrit un dialogue que le narrateur n'entend ou ne comprend pas... sachant que le récit est conté à la première personne !)

Dans l'histoire elle-même, il y a beaucoup de non-sens. Déjà, pas de mise en contexte digne de ce nom : certaines explications nécessaires n'arrivent que très tardivement, d'autres éléments interviennent sans qu'ils ne soient jamais présentés. La vision du Japon donnée par l'auteur est ridicule et se tient à quelques clichés comme les ramen, la tour de Tôkyô, les yakuzas ; que le narrateur a l'air d'ailleurs de découvrir... mais de quel trou perdu sort-il ?!

D'ailleurs, à son arrivée au Japon (et profitons-en pour parler un peu du début du livre, ça vous donnera une idée du niveau du reste), il ne savait pas qu'il y avait un décalage horaire (il en avait "entendu parler") avec l'Amérique (en passant, on n'apprend que bien des pages plus loin d'où il vient, ce n'est pas indiqué à ce moment du récit - ou alors il faut avoir lu le quatrième de couverture...), il est venu jusqu'ici pour être opéré du coeur (pourquoi une telle opération n'était pas possible dans son pays, mystère, ça ne me paraît pas crédible du tout) mais n'a réservé ni hôpital ni hôtel, il aperçoit la tour de Tôkyô et des fleurs de cerisier (ah non, pardon, des "roses" appelées "sakuras", il fallait bien que l'auteur frime un peu avec son vocabulaire de japonais, hein) dès la sortie de l'aéroport (et après vérification, il y a au moins 30 km entre les deux, donc je ne pense pas que cet édifice soit visible depuis l'aéroport), il descend du taxi n'importe où et marche au hasard (gné !?) ; ensuite, plus tard on remarque qu'il ne prend pas de médicaments et tousse quand son coeur s'affaiblit (ne me demandez pas pourquoi, surtout que les "keuf keuf" sont gracieusement insérés à l'intérieur des phrases de dialogue directement), et bien sûr l'amour est trop violent pour son pauvre organe mais dès qu'il apprend une mauvaise nouvelle il court chez son amant car c'est tellement merveilleux (très logique), en plus les radios le font vomir (déjà, faire des radios pour une maladie cardiaque, heu... sans commentaire). Etc, je pourrais ajouter plein d'autres observations mais je vais arrêter là, je pense que vous avez compris.

Entre les mots écrits en majuscules, la ponctuation enfantine et fausse (dans le genre "!!!!!!!!!"), les "noooooooooon", on ne se croirait pas dans un texte rédigé, mais plutôt dans une BD, et encore. C'est typiquement le genre d'écriture qu'on peut voir dans les fanfictions qui abondent sur le net, mais ce n'est absolument pas admissible dans un livre publié qui devrait au moins connaître et respecter les règles du français correct.

Bref, c'est du grand n'importe quoi sans queue ni tête, un ouvrage bâclé, pas corrigé (sauf l'orthographe), pas documenté, pas crédible, pas réaliste, absurde, ridicule et gamin.

J'ajouterai une dernière chose concernant l'histoire, on voit que l'auteur a été biberonnée aux manga yaoi, et pas les meilleurs. Son roman contient tous les plus mauvais stéréotypes du genre : l'amour est immédiat dès la première rencontre, l'homosexualité a l'air tout à fait la norme et n'étonne personne - les femmes n'existent pas, sauf le bref temps d'un quiproquo vite expédié -, les yakuza sont cités juste pour mettre le mot "yakuza" parce que sinon ils servent à rien, le sexe est présent évidemment (et de façon très poétique, je cite : "il sortit lui aussi à son tour son propre serpent qui était dans sa propre cage et le mit dans ma grotte"), et le final nous réserve une conclusion du type "tous les personnages sont gays". Pour mettre un petit mot pour la fin en passant, si vous vous attendiez à un titre très mystérieux avec Le souvenir de ma mort, vous allez tomber de haut, vu que c'est tout simplement au premier degré, avec au final une conclusion surnaturelle ridicule.

Vous vous en doutez, je ne vous conseille pas cet ouvrage. Même si on vous le donnait, ce serait une perte de temps ; alors payer la somme exhorbitante de 10.20 euros pour 56 pages (!), ce serait vraiment du gâchis. Si vous avez 10 euros à gaspiller, allez au restau, au moins ce sera bon et beaucoup plus digeste que ce mauvais livre.

Je remercie encore une fois l'éditeur, qui je le répète, a pour sa part rempli son rôle dans le contrat, allant jusqu'à envoyer des SP à des sites soigneusement sélectionnés. Quant à l'auteur, je suis navrée pour elle si jamais elle venait à lire cette chronique, et il n'est nullement dans mes intentions de la démonter gratuitement ; son jeune âge et son manque d'expérience sont clairement à imputer dans cette sortie désastreuse. Ce n'est rien d'irrémédiable, et je ne peux que l'encourager à continuer d'écrire, puisque visiblement le désir est là... Mais l'écriture, comme toute autre activité, s'apprend. La perfection orthographique et grammaticale, la documentation sur les sujets abordés dans l'oeuvre et la cohérence du récit ne sont que les bases indispensables de la rédaction. Fréquenter des forums de correcteurs peut être une bonne idée pour prendre conscience de ses défauts et de la manière de s'améliorer. Car il faut bien prendre conscience que d'une part, publier c'est s'exposer à la critique, y compris à la critique de lecteurs exigeants en termes de qualité, et surtout quand ils paient leur texte ; et d'autre part, que proposer à la vente un texte d'aussi mauvaise qualité, c'est comme servir au restaurant un plat immangeable et raté : inadmissible et proche de l'arnaque, tout simplement. 

Date de dernière mise à jour : 05/07/2014

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