Georgie - Australie, terre de mon coeur

Série : Georgie

Couple : Irwin / Arthur, Abel / Georgie

Auteur : Sherryn

Warning : T

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne me fais pas d'argent avec cette fic, etc etc etc

Résumé : Fin alternative ! Irwin de Dangering descend dans la cellule de Caïn avant l'arrivée d'Abel et du comte Gerald, et non après. Les 4 hommes se retrouvent face à face ! Les événements vont alors se dérouler bien différemment...


 

Chapitre 1 : Il faut sauver Arthur !


 

Caïn… Tu m’as empêché de dormir tant de nuits… Mais c’est fini, maintenant. Je vais te donner la mort.

Irwin de Dangering tira le chien de son arme et la pointa sur le jeune garçon. Son cœur le tançait douloureusement : il n’aurait jamais cru s’attacher autant à ce gamin ramassé dans la rue, qui lui avait plu et dont il avait fini par réellement s’éprendre. Il avait usé des pires moyens pour le garder près de lui, mais le voir décider de tout abandonner le déchirait.

Qu’aurais-je dû faire ?

Son bras trembla.

Caïn

Il ne put s’empêcher de le retourner sur le dos. Caïn n’avait pas frémi à son contact, ni n’avait réagi de quelque façon que ce soit. Irwin contempla longuement son visage inerte, émacié, déjà marqué par la mort. Il lui passa doucement la main dans les cheveux et entortilla une mèche autour de ses doigts, puis il passa son index sur ses joues, suivit délicatement le contour de ses lèvres.

Je te voulais… Mais je crois, j’aurais aussi voulu te voir sourire.

Il avait eu tout faux. Il ne s’y était vraiment pas pris de la bonne façon. Mais il n’avait pas pensé… Non, jamais il n’aurait pensé que Caïn le ferait autant changer. Qu’il tomberait vraiment amoureux de lui.

Tu ne veux plus vivre ? Vraiment ? Tu sais, je te traiterais différemment, dorénavant, si tu décidais de vivre… Je pourrais même m’opposer à mon père… Sûrement.

Mais dans son cœur, il savait pertinemment qu’il était déjà trop tard. Caïn avait déjà tenté de se tuer ; les images de son poignet ouvert et de la mare de sang dans la baignoire hanteraient éternellement ses propres souvenirs, lui crieraient jusqu’à son dernier souffle cette sempiternelle accusation : « Tout est ta faute. Tout est ta faute… » Et il ne pouvait le nier. Parce que c’était vrai.

Les jours précédents, Irwin n’avait pas manqué de rendre visite au prisonnier, mais il n’en avait pu en tirer une parole, ni le convaincre de manger et de boire. Il savait très bien comment tout cela allait se terminer. Caïn avait décidé de se laisser mourir, et il allait mourir. Inéluctablement. Il ne pouvait le forcer à s’alimenter, il ne pouvait non plus frapper ou droguer un homme qui avait cessé de se défendre. Qui abandonnait. Ou plutôt, au contraire, qui lui résistait de la pire manière possible. Il se trouvait dans l’incapacité de l’empêcher de s’enfuir de cette façon.

Caïn !

Décidément… C’était trop douloureux. Il se poussa une main sur les yeux, la retira humide. Il en fut surpris lui-même.

Je…

Et puis il regarda encore Caïn. Immobile, pâle dans sa couche salie. Plus mort que vivant. Il se pencha en avant et posa ses lèvres sur les siennes.

 

Pendant ce temps, le comte Gerald et Abel avançaient dans le sombre tunnel, à la fois prudents et anxieux.

- Le couloir s’arrête après l’escalier…

- Alors, l’entrée du cachot se trouve juste au-dessus.

Abel passa la lanterne à son compagnon et chercha des doigts les limites de la trappe. Ne les trouvant pas, il poussa au hasard ; heureusement, la dalle se souleva sans difficulté et il eut tôt fait de la renverser sur le côté. C’est alors qu’il sursauta : il y avait quelqu’un dans la cellule ! Il se mordit les lèvres : cette éventualité ne lui avait pas traversé l’esprit. Ils auraient dû se montrer plus prudents…

Gerald sentit son compagnon qui se figeait.

- Abel ? Que se passe-t-il ?

Il se faufila à ses côtés et comprit : Irwin de Dangering se tenait debout au centre du cachot, le revolver pointé sur eux.

- Qui êtes-vous ? Attendez, je crois que je vous reconnais… Vous êtes le comte Gerald, c’est ça ? Vous êtes revenus en Angleterre ? Voilà qui peut vous valoir la peine de mort ! Mais dites-moi, que faites-vous ici ?

Abel tourna la tête : il venait d’apercevoir Arthur, couché sur un lit de fortune à la propreté discutable. Son cœur se serra : il ne bougeait pas du tout. Pourtant, les événements qui auraient dû se produire auraient dû suffire à réveiller un bœuf ! Il se sentit encore plus inquiet ; quand son regard se porta sur l’homme qui lui faisait obstacle, un éclat de fureur luisait dans son œil.

- Qu’est-ce que vous lui avez fait ? rugit-il, au mépris du danger.

- Quoi ?

Soudain, il bondit hors de son trou et se rua sur son adversaire. Irwin, persuadé d’avoir l’avantage, ne s’attendait pas à un mouvement aussi brusque et ne parvint pas à parer le coup de poing d’Abel, envoyé en plein dans son estomac. Il se courba aussitôt en deux, le souffle coupé, et son arme lui échappa des mains. Abel ne perdit pas une seconde : il se jeta immédiatement dessus et s’en empara. Il la pointa sur l’inconnu en remarquant que la sécurité était déjà ôtée : apparemment, l’homme avait vraiment eu l’intention de s’en servir… Mais à présent, c’était lui qui avait l’avantage.

- Pas un geste ! cria-t-il.

La bouche d’Irwin se tordit en un rictus, il ne pouvait rien faire. Il lisait sa détermination dans les yeux d’Abel et savait très bien que le jeune inconnu n’hésiterait pas à faire feu en cas de résistance de sa part ; il se résigna donc à lever les mains. En même temps, la ressemblance impressionnante du garçon avec Caïn le frappa. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ?

- Qui es-tu ? lui demanda-t-il.

Abel ne répondit pas. Du coin de l’œil, il lorgnait en direction d’Arthur ; son estomac se tordait douloureusement. Ciel, dans quel état avaient-ils donc mis son frère ?

- Comte Gerald ! appela-t-il.

- Oui, j’arrive.

Durant toute l’action, l’homme n’avait pas bougé. Il n’approuvait pas le risque pris par Abel en agissant ainsi, mais il devait reconnaître qu’elle avait fonctionné. Il s’approcha de lui et lui prit le revolver des mains. Sans ciller, il continua de le pointer sur de Dangering, particulièrement attentif à ses moindres gestes. En même temps, les rouages de son cerveau tournaient à toute allure : le plan n’avait pas du tout fonctionné comme prévu, mais il n’avait pas non plus encore totalement échoué.

- Comment va-t-il ? demanda-t-il sans quitter sa cible des yeux.

Abel venait de se précipiter au chevet d’Arthur. Il le prit doucement dans ses bras et souleva sa tête, qui retomba aussitôt en arrière. Heureusement, il respirait, bien que faiblement, mais pour le reste, il demeurait sans réaction.

- Il est très faible… répondit-il.

S’ils étaient venus un jour plus tard, ils auraient peut-être trouvé un cadavre. Cette pensée raviva encore la violence de ses sentiments ; sans attendre, il tira son frère sur ses épaules et le hissa ainsi sur son dos.

- Allons-nous-en, comte Gerald.

Irwin regardait avec stupéfaction ce qu’il considérait comme un enlèvement.

- Reposez-le immédiatement ! Ainsi, vous êtes bien le comte Gerald, cracha-t-il. Quand mon père sera au courant de votre retour, il…

- Vous n’êtes pas en état de parlementer, jeune de Dangering, répliqua calmement le père de Georgie. Vous allez venir avec nous. Abel, il est bien entendu hors de question que tu restes ici comme prévu. Celui-là nous a surpris, il va donc nous accompagner et nous veillerons à ce qu’il ne donne pas l’alerte.

- On ne pourrait pas tout simplement le ligoter et le laisser ici ?

- Trop dangereux… Il risque d’éveiller l’attention avant notre départ. Je ne veux pas prendre ce risque.

Sur ce, des coups sourds se mirent à retentir : les hommes laissés dehors par Irwin commençaient à s’inquiéter du silence prolongé de leur maître.

- Monsieur ! Tout va bien ?

Gerald grinça des dents. Encore un nouveau problème ; comme s’ils n’en avaient déjà pas assez ! Son doigt se crispa sur la détente.

- N’oublie pas que je t’ai dans le collimateur, souffla-t-il à Irwin. Réponds-leur que tout va bien, et que tu resteras un moment, qu’ils ne s’inquiètent surtout pas. Tu veux t’occuper du prisonnier car tu es inquiet pour lui, invente ce que tu veux, mais n’essaie pas de nous blouser. Sinon…

Il parlait très sérieusement. Il considérait d’ores et déjà Abel et Arthur comme ses propres enfants, et pour les protéger, il se sentait prêt à tout. Sentant qu’il ne plaisantait pas, Irwin s’exécuta sans discuter, et les gardes reprirent leur poste en silence.

- Maintenant, viens, ordonna Gerald. Passe devant moi et ouvre-nous la route. Je ne te quitterai pas des yeux. Si tu éternues dans ma permission, je tire.

- Dites-moi au moins qui vous êtes, grogna Irwin. Et ce que vous comptez faire de Caïn…

- Tu comprendras bien assez tôt. Maintenant, tais-toi et avance. L’heure presse.

 

- Je ne les vois toujours pas…

Georgie ne cessait de s’inquiéter. Depuis le début, cette opération lui inspirait un très mauvais pressentiment, et puis, l’idée d’Abel ne lui plaisait vraiment pas. Elle ne voulait pas le perdre, surtout maintenant qu’elle commençait tout juste à découvrir le sentiment réciproque qu’elle lui portait.

- Abel, pria-t-elle, reviens… Ne reste pas dans ce cachot…

Elle se sentait à deux doigts de pleurer, mais se retenait courageusement. Elle ne devait pas craquer au moment où leur plan était dans sa phase la plus délicate. Et puis, elle commença à entendre des bruits de pas. Son cœur fit un saut dans sa poitrine, et elle se pencha encore plus en avant.

- Arthur ! cria-t-elle.

En retour, elle entendit la voix de son père.

- Georgie, éloigne-toi du puits. Reste à l’écart.

Si cette consigne la surprit, elle ne le montra pas et obéit sans discuter. Quelques secondes plus tard, Abel émergea du puits, Arthur en travers des épaules.

- Abel ! Tu es là ! Mais… Que se passe-t-il ? Pourquoi n’es-tu pas resté ?

- Nous avons été surpris, répondit-il. Dick ! appela-t-il.

Il tendit à leur ami le petit pistolet du comte Gerald.

- Enlevez le chien et pointez l’arme sur la sortie. Irwin de Dangering va sortir tantôt, il faut le garder à l’œil. N’hésitez surtout pas à vous en servir.

- Heu… oui, très bien.

Dick n’avait encore jamais utilisé d’arme à feu, mais il savait qu’il avait affaire à des gens dangereux, une famille noble d’une grande puissance. Abel ne plaisantait pas : il ne lui fallait pas agir à la légère. Il s’empara du pistolet et se mit en position adéquate.

- C’est bon. Je suis prêt.

Bientôt, effectivement, deux mains inconnues surgirent, suivies de la silhouette émaciée d’un homme arrogant. Abel, entretemps, avait déposé son frère par terre, le confiant aux bons soins de Georgie, et ramassé une corde dans la charrette de Dick. A peine Irwin avait-il fini de monter l’échelle qu’il se précipita sur lui et lui lia les mains dans le dos.

- Vous m’excuserez, jeune comte, mais on n’est jamais trop prudents…

Irwin émit un bref grognement, mais il se savait en position d’infériorité.

- Qu’allez-vous faire de moi ? grommela-t-il malgré tout. Et que voulez-vous faire de Caïn ?

- Caïn ? releva Emma en haussant un sourcil, effrayée par la tournure que prenaient les événements.

- C’est le nom qu’il leur a donné, l’informa Abel, sans prendre la peine de répondre à Irwin.

Sitôt sa besogne effectuée, le garçon laissa ce dernier à Dick et Gerald, qui venait d’émerger à son tour, et entreprit de hisser son frère sur la charrette. Emma tenait les rênes en main, prête à donner aux chevaux l’ordre du départ. Quand tout le monde fut installé, elle les poussa au galop d’un claquement de langue et transmit les rênes à Dick.

Gerald, accroupi auprès d’Arthur, lui tenait le poignet et veillait son pouls tandis qu’Abel, arme en main, ne quittait pas leur prisonnier des yeux. Malgré son inquiétude pour son frère, il remplissait soigneusement sa mission et ne se laissait pas distraire par l’inertie du corps à ses côtés.

- Dick, dit soudain Gerald, ralentis, s’il te plaît. Il faut faire le moins possible de cahots.

- D’accord, dit le conducteur qui demanda aussitôt le trot aux chevaux.

Effectivement, les secousses se firent moins rudes, mais le comte se demanda si Arthur se sentait mieux pour autant.

- Sa température ne cesse de baisser, et son cœur ralentit. Si nous étions venus le libérer un jour plus tard, nous l’aurions peut-être trouvé mort.

En entendant ces paroles, Abel ne put s’empêcher de jeter un œil sur le côté. Cet infime défaut de vigilance n’échappa à Irwin de Dangering : le jeune homme se jeta aussitôt sur lui et le bouscula violemment de l’épaule. Abel poussa un cri et bascula violemment de la charrette ; le revolver lui échappa également des mains et glissa sur la chaussée, plusieurs mètres plus loin.

- Abel ! cria Georgie.

Irwin ne perdit pas une seconde et se jeta immédiatement à terre, mais ne put aller plus loin : le comte Gerald avait anticipé son mouvement et le retenait solidement des deux bras.

- Saleté !...grommela-t-il.

Il le coucha par terre et s’assit sur lui pour l’immobiliser.

Cependant, Georgie venait de dévaler à son tour, et courait vers Abel qui restait immobile sur la chaussée. Elle le prit dans ses bras et lui souleva le torse : sa tête roula dans sa poitrine. Elle poussa un gémissement, incapable de dissimuler son inquiétude.

Emma arriva près d’elle une poignée de secondaires plus tard et l’examina rapidement :

- Il est assommé. Viens, Georgie, il faut le transporter jusqu’à la charrette.

Georgie acquiesça, glissa un bras sous l’aisselle d’Abel et, ensemble, elles soulevèrent le blessé, le soutenant chacune par un côté. Mais juste au moment où elle se retournait, son cœur fit un bond : dans son lit de fortune, Arthur s’était redressé et dardait autour de lui un regard paniqué.

- Arthur !

 

Non ! Ça recommence…

Dans la tête d’Arthur, des centaines de voix criaient, mille lamentations et rugissements divers, qui tempêtaient sous son crâne et lui chantaient une douleur lancinante, insupportable.

Devant lui, des ombres indistinctes se mouvaient, il ne les voyait pas bien mais leur seule présence le terrifiait. Et puis, elles se mirent à lui parler, et leurs mots réveillèrent lui une douleur atroce.

Il se mit à hurler, puis à rouler sur lui-même. Il sentit qu’il tombait, le sol dur lui broya les côtes, mais cette douleur n’était rien face à ces monstruosités, toujours plus proches, sans cesse plus proches…

- Ne me touchez pas ! N’approchez pas !

Il crut qu’il allait mourir de peur, son sang battait martelait furieusement ses tempes. Si seulement tout cela pouvait s’arrêter… Il anticipa un mouvement sur sa gauche, comprit qu’on cherchait à le prendre au piège. Il ne tiendrait pas beaucoup plus longtemps. Il allait devenir fou, c’était sûr. Les voix, sous son crâne… Les monstres…

Et puis il sentit qu’il tombait.

 

- Arthuuuuur ! s’égosilla Georgie, la main devant la bouche.

Elle ne parvenait pas à en croire ses yeux. Arthur victime de ces hallucinations, c’était… vraiment effrayant. Il semblait voir des choses invisibles, et de toute évidence, il les craignait. Eux. Ses amis, sa famille. Il ne les voyait pas. Qui sait quelles scènes défilaient dans derrière ses pupilles quand Dick s’était approché pour essayer de le capturer, qui sait quelles paroles il avait pu entendre quand elle avait crié pour essayer de le ramener à la raison. Peine perdue. Il s’était replié comme un animal malade et dément, et puis…

Il avait basculé.

Les 5 premières secondes, elle n’avait pu réagir, et puis le bruit de sa chute dans la rivière lui avait fait reprendre ses sens. Alors, un cri d’une force extraordinaire retentit.

- Caïn !

S’ensuivit une exclamation de surprise : « hé là ! » quand le comte Gerald fut propulsé plusieurs mètres plus loin. Irwin de Dangering venait de rassembler toutes ses forces pour se relever et projeter son adversaire ; sans attendre, il courut à la rambarde et sauta par-dessus.

- Attends, tu es ligoté ! cria Gerald, mais Irwin avait déjà disparu.

- Ça alors… Mais, ils vont juste se noyer tous les deux… gémit Dick.

Presque aussitôt, le jeune homme sauta à l’eau à son tour. Estimant qu’ils ne seraient pas trop de deux pour deux sauvetages, le comte Gerald s’empressa de l’imiter.

Emma voyait dans les yeux de Georgie qu’elle s’apprêtait à les suivre, mais elle la rappela à l’ordre.

- Reste ici. Laisse-les faire, ils les sauveront, ne t’en fais pas. Nous, nous devons nous occuper d’Abel.

Georgie reporta son attention sur son ami toujours inconscient et hocha douloureusement la tête. Il avait besoin d’elle, pour le moment, elle ne pouvait pas encore courir à la poursuite d’Arthur. Elle souleva son fardeau du sol et commença, avec l’aide d’Emma, à le porter vers la charrette.

 

Dans l’eau glacée de la Tamise, Dick et le comte Gerald nageaient en battant vigoureusement des mains et des pieds. Régulièrement, ils remontaient à la surface pour reprendre leur souffle, mais cela n’empêchait pas l’épuisement des les gagner peu à peu. Malheureusement, leur recherche demeurait infructueuse ; les flots tumultueux charriaient de nombreuses particules qui rendaient leur vision encore plus trouble. Ils ne distinguaient pas le moindre mouvement, et seul le bruit fracassant du lit leur parvenaient aux oreilles. D’ombre humaine, ils n’en voyaient pas trace.

Ils se concertèrent d’un coup d’œil et se séparèrent de quelques mètres ; tels deux têtes chercheuses rectilignes, ils sondèrent la rivière en la sondant de haut en bas, inlassablement. Ils commencèrent à descendre le courant, mais bientôt, il leur apparut clairement qu’ils se noieraient à leur tour s’ils ne se réchauffaient pas. Ils se résignèrent donc à regagner la berge, les mains vides. Une fois remis, ils replongèrent immédiatement ; Georgie se joignit finalement à eux mais leurs efforts restèrent vains.

 

On ne pouvait pas poursuivre éternellement. Georgie était désespérée.

Je ne peux pas croire qu’Arthur soit mort.

Tous ces risques pour finalement en arriver là… C’était pathétique. Elle plongea la tête dans ses bras et se mit à sangloter éperdument…

- Georgie… murmura son père en lui posant la main sur l’épaule.

Hélas, il n’y avait rien pour la réconforter, il le savait. Le trajet jusqu’à chez Emma et Dick leur parut durer une éternité, toute la tristesse du monde s’abattait sur leurs épaules silencieuses. De plus, Abel ne se réveillait pas.

Le couple recueillit tout le monde avec chaleur et se déclara prêt à les héberger le temps qu’il faudrait. Ils acceptèrent cette hospitalité avec reconnaissance, car ils n’auraient su où aller ; on installa Abel dans un lit confortable, et Georgie commença à le veiller, en songeant à Arthur. Comment lui annoncerait-elle la nouvelle ?

Il reprit conscience dans la soirée. Georgie lui conta les événements, ses yeux s’écarquillèrent ; fou de douleur, il se recroquevilla sur lui-même en crispant ses poings sur ses genoux. Georgie, partageant sa tristesse, le prit dans ses bras et ils pleurèrent ensemble la disparition de leur frère.

Date de dernière mise à jour : 21/01/2014

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